Gods.and.Generals 11 En 2003, dix ans après son célèbre Gettysburg, le réalisateur Ronald F. Maxwell offrait au public américain une fresque de 3h30 baptisée Gods and Generals. Gods and Generals est une luxueuse production de 56 millions de dollars qui a pour cadre les trois premières années de la guerre de sécession. Le récit est principalement axé sur la carrière de Thomas « Stonewall » Jackson, l’un des tous meilleurs généraux du conflit, décédé en 1863, deux mois avant Gettysburg (nombre d’historiens spéculent d’ailleurs si la question suivante : « Si Lee avait eu Jackson auprès de lui à Gettysburg, l’issue de la bataille en aurait-elle été changée ?). Gods.and.Generals 02

First Bull Run

Le film alterne entre les reconstitutions des batailles de First Bull Run, Fredericksburg et Chancellorsville, excellemment bien réalisées, avec un grand souci du détail et des engagements très réalistes, et des scènes plus intimistes – et très bavardes – qui dressent des portraits séduisants des officiers supérieurs confédérés. Ainsi, si les amateurs d’Histoire militaire seront ravis de découvrir un Stonewall Jackson humain, loin du cliché prêté généralement aux rebelles (comme Robert E. Lee, Thomas Jackson était un abolitionniste engagé dans l’armée de Virginie, son état d’origine), ils bailleront peut-être un peu aux corneilles durant les interminables réflexions philosophiques et théologiques (Jackson était un homme très pieux) des principaux protagonistes.

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Fredericksburg

Ronald F. Maxwell se hasarde parfois dans l’autre camp, celui de l’Union, pour nous narrer les premières armes du sympathique colonel Chamberlain, héros de Little Round Top, et de son régiment du Maine. On le retrouve d’ailleurs avec plaisir. Il s’attarde cependant peu sur les officiers supérieurs nordistes, excepté pour en dresser des portraits peu flatteurs (à part Hancock).

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Chancellorsville

Pour ce qui est du casting, force est de dire que Stephen Lang est génial (comme d’habitude, serait-on tenté de dire) sous la barbe d’un Stonewall Jackson – grand meneur d’homme et tacticien hors pair – charismatique et émouvant. Ceux qui ont vu Gettysburg se rappellent sûrement qu’il y incarnait le général Pickett (c’est Billy Campbell qui se voit cette fois-ci chargé de cette fonction, il est vrai secondaire). Si l’excellent Martin Sheen incarnait Robert Lee dans Gettysburg, il est remplacé ici par le non moins excellent Robert Duvall. William Sanderson interprète le général Hill (c’était Patrick Falci dans Gettysburg) alors que Bruce Boxleitner endosse le rôle de Longstreet (à la place de Tom Berenger). Jeremy London est attachant dans le rôle du capitaine Sandie Pendleton, l’aide de camp de Jackson alors que James Patrick Stuart reprend son rôle de l’officier d’artillerie Alexander. Enfin, pour ce qui est des personnages de l’Union, on retrouve Jeff Daniels et C. Thomas Howell sous les uniformes des frères Chamberlain, et Brian Mallon reprend son rôle du général Hancock. A noter la brève apparition de Mira Sorvino sous les traits de l’épouse de Lawrence Chamberlain.

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Gen. Robert E. Lee (Robert Duvall)    /  Gen.  Thomas « Stonewall » Jackson (Stephen Lang)    / Lt.Colonel Lawrence Chamberlain (Jeff Daniels) et sergent Thomas Chamberlain (C. Thomas Howell)

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Gen George Pickett (Billy Campbell) / Capt Alexander Pendleton (Jeremy London) / Gen James Longstreet (Bruce Boxleitner)

Hélas, malgré ses qualités, Gods and Generals ne rencontra pas le succès lors de sa sortie. Probablement trop long et trop bavard. Ce ne fut pas sans conséquence. Ce film, avec Gettysburg, devait faire partie d’une trilogie. Le troisième volet, Last Full Measure, ne fut jamais tourné (aux dernières nouvelles, Ronald F. Maxwell n’aurait cependant pas abandonné le projet).

Ma côte: 3,5/5

 

GODS AND GENERALS

Genre: Historique

Un film réalisé en 2003 par Ronald F. Maxwell

Scénario de Ronald F. Maxwell d’après l’oeuvre de Jeff Shaara

Musique de Randy Edelman et John Frizzell

Photographie de Kees van Oostrum

 

 

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