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Si vous êtes un amateur de films de guerre, qui plus est intéressé par l’histoire de l’aviation, vous devez avoir dans un coin de votre DVDthèque une copie de Memphis Belle, ce superbe film, tiré de faits réels, qui narre l’histoire extraordinaire des membres d’équipage occupant le bombardier du même nom. Ce métrage de Michael Caton-Jones sorti en salles en 1990, au succès plus populaire que critique (mais qu’importe!) et qui a cartonné lors de sa sortie vidéo, a marqué les mémoires de nombreux amateurs de séries B au parfum vintage… et probablement celles des producteurs Adam Klein, Julian Moss et Brian Thompson qui nous proposent cette année (en 2012 pour la sortie US) une version «méditerranéenne» de Memphis Belle, baptisée B17, la forteresse volante (plus simplement Fortress dans sa version originale).

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Réalisé par Mike Phillips, un illustre inconnu au style, force est de l’admettre, peu inspiré, ce métrage destiné au marché direct-to-dvd utilise librement des éléments historiques pour construire son récit, qui suit les aventures d’un équipage de bombardier. Nous sommes en 1943. Les alliés ont vidé l’Afrique du Nord de toute présence ennemie et préparent désormais le terrain pour la reconquête de la péninsule italienne. Pour ce faire, l’état major américain lance des raids de bombardiers B-17 sur la Sicile. L’un de ces bombardiers, le Lucky Lass, composé de membres d’équipage d’origine irlandaise, rentre de mission après avoir perdu son copilote. Celui-ci est alors remplacé par Michael (Bug Hall, Brian dans la série Révolution), une jeune recrue un peu naïve et complètement inexpérimentée.

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Vous l’avez compris, B17, la forteresse volante épouse fidèlement les principes du bon vieux film de guerre de papa. On y « découvre » le quotidien d’hommes au comportement héroïque, dans leurs avions mais aussi sous leurs tentes, où ils partagent leurs temps libres entre blagues idiotes, chamailleries et beuveries. Autant de situations où le jeune Michael, le gars fraîchement débarqué (et qui plus est, sans la moindre goutte de sang irlandaise dans les veines), doit faire ses preuves pour être finalement accepté – voire respecté – par ses compagnons d’arme. Bref, rien de bien nouveau côté scénario. Au final, pour ce qui est des séquences au sol (ventre mou du métrage), c’est tellement kitch que l’on s’attendrait presque à voir surgir un John Wayne au détour d’une allée. A noter que Mike Phillips tente d’introduire un peu d’humour dans ces «tranches de vie » avec une abracadabrante histoire d’alambic clandestin (sacré irlandais!) et il entretient le mythe de la turbulente rivalité fraternelle entre le personnel volant et le corps de mécanicien. C’est tellement poussé que l’on pourrait croire à un hommage aux Têtes brûlées. Bref, pour ce qui est de la description de la vie de ces hommes quand ils sont sur le plancher des vaches, rien de bien enthousiasmant. Seul point positif, Mike Phillips nous épargne le cliché de la romance à deux sous. On l’en remercie.

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En fait, comme l’on pouvait s’y attendre, la force de B17, la forteresse volante se situe dans les combats aériens. Alors, certes, le budget très serré de ce film fait que les images CGI n’atteignent pas la qualité des grandes productions hollywoodiennes. Loin s’en faut. C’est même parfois un peu limite, genre jeux vidéo vintage. Par contre, Mike Phillips compense cette faiblesse graphique par une réalisation très énergique, une violence non retenue et des séquences numériques dotées d’une animation pleine de virtuosité. On dénote aussi une volonté de réalisme dans la reconstitution, ce qui est appréciable. Hélas, cette attention est parfois mise un peu à mal par une recherche démesurée du spectaculaire, comme un ridicule looping effectué par un B-17, et quelques petites erreurs historiques (ex, les anglais pilotent des P-40 au lieu de Spitfire). Les spécialistes du conflit auront donc souvent l’occasion de sursauter. Par contre, pour ce qui est des sensations, il n’y a pas grand chose à reprocher à B17, la forteresse volante. Dés la séquence d’ouverture, ou le Lucky Lass subit des terribles dégâts et d’horribles pertes humaines, l’on est séduit par la densité des combats et la nervosité d’un montage qui parvient sans trop de mal à marier plans réels et inserts CGI. L’impression est la même lors du très mouvementé dernier quart d’heure, à l’action ininterrompu et riche en scènes dramatiques, durant lequel Mike Phillips réussit à reconstituer avec justesse la dureté de ces affrontements au cours desquels les bombardiers se retrouvaient désemparés dés lors que les chasseurs d’escorte n’étaient plus en mesure de les protéger contre la Luftwaffe.

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Bref, un sympathique petit film de guerre, à l’action bien menée, qui pèche par un milieu de métrage trop mou et un scénario un peu trop convenu.

Ma côte : 2.5/5

B17, la forteresse volante (Fortress – USA)
Genre : guerre-action

Un film réalisé par Mike Phillips
Scénario d’Adam Klein
Avec : Bug Hall (Michael) ; Donnie Jeffcoat (Wally) ; Sean McGowan (Archie) ; Chris Owen (Burt) ; Edward Finlay (Philly)

 

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