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Quelque peu éloigné de l’actualité du cinéma depuis mon départ de Scifi-Universe, j’ignorais l’existence de La résurrection du Christ jusqu’à sa sortie en DVD / Bluray en cette fin d’année 2016. C’est donc sans aucun apriori que, par un bel après-midi de décembre, vautré … heu… confortablement installé… sur mon canapé, j’ai découvert le dernier film de… de qui ? De Kevin Reynolds ? Sans blague ? Il tourne encore, celui-là ? Il n’a pas sombré avec le naufrage de Waterworld, un Moai accroché aux pieds?

La résurrection du Christ raconte l’histoire de Clavius, personnage de fiction issu de l’imaginaire des scénaristes, et à travers lui, narre les événements survenus durant les quarante jours qui ont suivi la résurrection de Jésus Christ. A la recherche du corps disparu du Nazaréen, pour le compte d’un Ponce Pilate qui, plus que jamais, s’en lave les mains, ce tribun va mener l’enquête, jusqu’à découvrir la vérité à travers une révélation qui va radicalement chambouler son univers.

En fait, rien ne pouvait nous laisser penser à un tel changement chez Clavius puisque, dans les premières images, on le voit mener une expédition contre des Zélotes et exécuter lui-même l’un des leaders qui n’est autre que… Barabbas. Oui, oui, comme je dis plus haut, les scénaristes ont pris quelques libertés avec les textes anciens, ou, plus précisément, ont osé quelques théories (dans l’Evangile selon Marc, Barabbas sera l’un des révolutionnaires juifs responsable de la Grande Révolte, qui se situe, quand même, trente ans après la mort du Christ). On voit également que Clavius est très attaché à sa religion polythéiste puisqu’il prie régulièrement Mars, dieu de la guerre, et lui fait de nombreuses offrandes. Enfin, c’est également lui, qui, sans aucun état d’âme, ordonne à ses légionnaires d’achever le Christ et ses deux compagnons d’infortune crucifiés. Bref, Clavius est présenté comme un bon citoyen romain, attaché à la tradition et fidèle à l’empereur.

Mais où est passé le corps du Christ ? Qui l’a dérobé, au nez et à la barbe de la garde placée devant le tombeau ? C’est ce que cherche à découvrir l’occupant romain mais aussi les pharisiens, qui voiten dans cette disparition une menace à leur influence. Avec son scénario construit à la manière d’une enquête ésotérique, La résurrection du Christ prend le parti d’exposer une vision chrétienne mais évite de sombrer dans le prosélytisme grâce à une réalisation qui lorgne souvent vers le fantastique, qui introduit des éléments peu crédibles (comme représenter les gardes par deux soldats romains si crétins que l’on croirait issus de l’esprit de Goscinny) et qui n’évite pas le raccourci osé (l’expéditive épreuve de foi passée par Clavius, dont la soudaineté  et la naïveté évoquent la naissance de Darth Vader). Autant d’éléments qui contribuent à désacraliser le thème et faire du film un spectacle neutre.

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En fait, quand l’on visionne La résurrection du Christ, on réalise bien vite que Kevin Reynolds, cinéaste de divertissement, n’a aucune autre ambition que celle de proposer au public un véritable péplum dans le sens premier du terme. Son objectif n’était assurément pas d’en faire le déclencheur d’un quelconque questionnement sur la foi chrétienne, mais d’utiliser le mythe comme socle au développement d’un récit exotique auréolé de mystères. On retrouve donc dans sa démarche celles des artisans de Cinecittà, comme le prouve également l’absence (quasi)totale d’images numériques pour les scènes réalistes et des « miracles » traitées via des coupes au montage. Tout cela amène un aspect « kitch » qui trouve son paroxysme dans l’Ascension finale.

Dans le rôle principal, Joseph Fiennes, acteur que je n’aime généralement pas, m’a plutôt séduit par une interprétation sobre et réfléchie. Une fois n’est pas coutume. Il est d’ailleurs bien entouré par un casting de qualité, composé en grande partie de comédiens espagnols. A noter la bonne performance de Tom Felton (Malefoy dans les Harry Potter) dans le rôle de Lucius, le fidèle aide de camp.

En ce qui concerne l’aspect « historique », franchement, j’ai trouvé de la qualité dans le travail des costumiers et des décorateurs. Bien que les séquences de combat souffrent à la fois de la non-utilisation de l’outil numérique et d’un budget modeste – la légion romaine est représentée par une poignée de figurants certes motivés – , Kevin Reynolds a eu le souci de reconstituer quelques tactiques de la période. L’amateur d’histoire militaire que je suis le remercie. A noter que les quelques CGI présents (comme le plan final sur l’arrivée de la flotte de Tibère et les scènes « rêvées ») sont satisfaisants – du moins, vus sur mon écran de télévision. Enfin, les superbes panos sur les jolis paysages espagnols servant de décors naturels, donnent un petit cachet luxueux à cette modeste production.

Ma note : 3/5

La résurrection du Christ (USA-2016)
Titre original : Risen
Réalisation : Kevin Reynolds
Scénario : Kevin Reynolds, Paul Aiello
Musique : Roque Baños
Photo : Lorenzo Senatore
Avec : Joseph Fiennes (Clavius), Tom Felton (Lucius), Peter Firth (Ponce Pilate), Cliff Curtis (Jésus), Maria Botto (Marie-Madeleine), Antonio Gil (Joseph d’Arimathie), Stewart Scudamore (Pierre)
Durée : 107’

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