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S’il y a des revues dont je ne rate jamais un numéro (pour les citer : Guerres & Histoire, Vae Victis et Histoire & Civilisations), pour mes autres achats mensuels, je me fie généralement à la couverture et à un rapide survol du sommaire. Ce mois-ci, c’est le magazine L’Histoire qui a attiré mon attention, avec son dossier central sur Robespierre. Vous allez me dire, les dossiers sur Robespierre, la presse spécialisée en chie régulièrement des dizaines par an, et il est rare que l’un d’entre eux porte un regard neuf sur ce personnage entré dans la légende sous la forme d’un véritable croque-mitaine révolutionnaire. Alors, pourquoi cet achat ? Je n’en sais fichtre rien. Une pulsion consumériste sauce thermidor, probablement.

Si je vous parle de ce numéro consacré à Robespierre, c’est parce que finalement, j’ai eu un certain plaisir à le lire. Ce n’est pas qu’il révolutionne (désolé, je n’ai pas pu m’en empêcher !) le thème ; qu’il renverse les tables, comme il se dit aujourd’hui au sein des rédactions des journalistes politiques. Non, son intérêt réside surtout dans sa structure, conçue à partir de plusieurs points de vue, et qui compose un descriptif assez complet (à défaut d’être exhaustif) des événements de l’an II, avec comme principal souci de replacer l’élément Robespierre dans son contexte. Le but avoué de ce dossier est de faire table rase de tous les préjugés et les idées reçues, générées et entretenues par ses détracteurs et une certaine postérité, pour présenter au lecteur un Robespierre authentique, sans toutefois le décharger de toute responsabilité sur sa triste destinée.

Riche d’une trentaine de pages réunis en cinq textes, La chute de Robespierre survole la carrière du personnage pour se concentrer sur les événements qui ont amené sa chute, de l’élimination des Girondins en 1793 jusqu’à son exécution le 10 thermidor an II. A travers ces articles, les historiens Jean-Clément Martin, Thibaut Poirot, Hervé Leuwers, Marc Belissa, Yannick Bosc, Guillaume Mazeau et Colin Jones (qui nous parle du personnage vu de la Grande-Bretagne) tentent de mettre en lumière toutes les circonstances (victoire « néfaste » de Fleurus, la mort de Danton, la controversée fête de l’Etre suprême…), tous les facteurs (son isolement politique progressif, la désinformation entretenue par ses opposants, son adoucissement au printemps 1794..), qui ont provoqué la fin brutale d’un homme qui était alors au sommet de sa puissance.

Ce dossier réussit à dresser un bilan de la politique suivie par Robespierre durant l’année qui a précédé son exécution. Un parcours parsemé d’erreurs de conduite et de jugement, fruit du manque de clairvoyance d’un puissant qui se croyait intouchable, mais dont les actes – mal exposés, voire imposés – l’ont progressivement éloigné de nombre de ses partisans les plus puissants, certes (comme Barère ou Billaud-Varenne), mais surtout d’une opinion populaire qui, au final, était convaincu d’assister à la décapitation d’un tyran.

A noter également dans ce magazine un intéressant entretien avec Antoine Prost qui met à mal quelques idées reçues sur les mutineries de 1917.

 

 

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