Dans son numéro de juin 2017, Guerres & Histoire a décidé de lever un certain nombre d’interrogations ? Normal en pleine période d’examen, me direz-vous.

La principale question se pose comme l’une des composantes majeure du dossier Dunkerque 1940 proposé par la rédaction : quelles peuvent bien être les raisons qui ont entraîné l’arrêt de l’offensive allemande sur Dunkerque et qui ont permis à une grande partie des troupes françaises et à la BEF d’échapper à l’encerclement et à l’anéantissement ?

Au cours des 77 années qui ont suivi l’opération d’évacuation alliée, nombre de spécialistes se sont posés cette question, sans se mettre d’accord. Il faut dire qu’Hitler s’est montré peu précis dans ses explications. Et d’ailleurs, est-ce vraiment le führer le responsables ? Et si l’Haltebefeh n’était qu’une supercherie visant à masquer d’autres fautes graves ?

Jean Lopez, Pierre Grumberg et Nicolas Aubin reprennent ici le dossier et tentent d’amener des éléments de réponse, en s’aidant d’avis de spécialistes comme ceux des historiens allemands Frieser et Töppel, et en questionnant précisément le Martin Alexander, professeur au département de Politique Internationale de l’Université de Pays de Galles. Ce questionnement en entraînant d’autres, Guerres & Histoire s’interroge également sur les conséquences de la « victorieuse défaite » de Dunkerque sur la conduite de la guerre et sur l’attitude du commandement de la BEF durant l’opération. Un dossier absolument original et passionnant qui se clôt par le témoignage de William Jago, ancien sapeur britannique, qui nous fait partager ses impressions, celles d’un simple soldat plongé ans le chaos de la retraite.

Qu’en est-il exactement de la campagne du Palatinat, menée en 1688 et 1689 par les troupes de Louis XIV ? Pourquoi une telle politique de destruction ? Quelle est l’ampleur des ravages ? En tout sept questions, posées à Jean-Philippe Cénat, historien spécialiste de l’histoire militaire sous Louis XIV. Un article très intéressant qui nous permet d’en connaitre plus sur une opération qui avait choqué, par sa violence et sa « gratuité », toutes les nations européennes et mis le roi Soleil au ban des puissances.

Enfin, si vous êtes plus intéressés par la période biblique, l’article d’Eric Tréguier ayant pour thème le siège de Jérusalem  par le roi assyrien Sennachérib en -701 devrait vous plaire. Le journaliste se penche à trier le vraisemblable du faux, le récit du déroulement du siège est très différent suivant les sources (la Bible, mais aussi les annales assyriennes et le texte tardif d’Hérodote), pour synthétiser une version crédible… qui valide la défaite assyrienne.

Penché en ce moment sur la guerre civile russe, j’ai été heureusement surpris de trouver dans ce numéro un article de Laurent Henninger sur la Konarmiya, le premier corps de cavalerie soviétique qui durant la guerre, rivalisa avec les corps cosaques de cavalerie des Blancs. Avec ce récit le journaliste nous entraîne au cœur d’une des plus cruelles guerres du XXeme siècle, où, en raison des difficultés logistiques, sanitaires et matérielles rencontrées par les armées Rouges et Blanches, la cavalerie, qu’elle charge sabre au clair ou la lance pointée , eut encore son rôle à jouer, à l’époque des blindés et des mitrailleuses.

Dans son article Quand la victoire d’Austerlitz sauve l’Empire de la faillite, Stéphane Béraud aborde un thème peu exploité par la presse spécialisée : l’aspect financier durant les guerres napoléoniennes.  Il nous décrit ainsi un empire français exsangue en 1805 qui, grâce à sa victoire sur la coalition, voit ses caisses reprendre de la vigueur avec un miraculeux apport de 75 millions de francs.

Dans ce numéro, c’est Thierry Lassabatère qui traite de la période médiévale avec un article qui retrace les exploits d’un personnage historique bien connu : Bertrand Du Guesclin. Archétype du héros médiéval, l’homme célèbre pour avoir restauré l’autorité des Valois se voit ici bénéficier d’un portrait bien dessiné, qui évite le sensationnel pour privilégier les réalités de la période.

Pas question qu’il y ait un numéro de G&H sans la contribution de Benoist Bihan ! Le journaliste ne déroge pas à cette règle en nous proposant cette fois-ci une petite (mais non moins intéressante) analyse du SR-71, le célèbre Blackbird. Benoist Bihan nous retrace la genèse de l’appareil et nous donne des précisions techniques sur cet extraordinaire intercepteur qui a donné l’avantage à l’US Air Force durant la guerre froide… et qui a marqué les esprits d’une génération par sa beauté et son impression de puissance.

Guerres & Histoire ? Un pur plaisir !

g&h37 copier

Guerres & Histoire n°37

Juin 2017 – Bimestriel

98 pages – 5,95€

 

Publicités