Programme très intéressant que celui proposé par le sommaire de ce numéro 41 de Guerres & Histoire. L’éclectisme et un sens aiguisé de la vulgarisation, qui font la force du périodique, sont toujours bien présents, mais à cela s’ajoute ici un dossier central explorant une période peu traitée dans la presse spécialisée : la guerre d’Indochine. A travers cinq articles, qui abordent le sujet sous des angles à chaque fois différents, G&H nous raconte l’histoire de ce conflit un peu oublié et mettent en lumière quelques aspects souvent négligés qui replacent les choses à leur juste valeur, et effacent quelques idées reçues, souvent négatives. Ainsi, dans son article L’Indochine comme terrain d’expérimentation, Michel Goya nous offre un exposé qui met en évidence la remarquable mutation de l’armée française, confrontée à des nouveaux défis. Au final, ce dossier qui est une véritable démarche de réhabilitation de l’armée française, qui a vu toutes ses victoires tactiques et ses succès stratégiques occultés par une unique mais terrible défaite dans la cuvette de Dîen Bîen Phu et annihilés par les atermoiements des différents acteurs politiques.

Par ailleurs, article passionnant que le témoignage de Harada Kaname, un ancien as japonais, qui nous raconte sa carrière de pilote de zéro, ainsi que le texte de Pierre Grumberg, très original, sur les hydravions de chasse. Eric Tréguier, spécialiste de la période, nous parle de Cyrus le Grand, fondateur de l’empire perse et nous dévoile une facette étonnante du personnage, alors que Vincent Bernard nous raconte l’histoire des tribus indiennes plongées dans la guerre de sécession. Quand à Vincent Gougenheim, il nous entraîne au XIIIème siècle, pour  revivre la bataille de Marchfeld et y découvrir les origines de la dynastie des Habsbourg. Le seul article qui ne m’a pas trop convaincu est celui sur les mutineries au sein de la Royal Navy, en 1797, et qui se trouve être finalement une fausse affaire.

A noter que l’habituel reportage photo (rubrique Caméra au poing) est consacré à l’intervention soviétique en Afghanistan.

Au final, bien qu’il ne consacre aucun article à ma période favorite (le siècle des lumières), ce numéro 41 est, je pense, l’un des tous meilleurs qu’il m’ait été donné de lire.

 

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